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Programme

Trop nombreux dans les cimetières, parfois polluants, souvent trop chers, les défunts qui augmentent avec la population planétaire, ne pourront bientôt plus être traités sur et sous Terre. Les démographes, entreprises funéraires, associations d’endeuillés, soutiens militants de la crémation comme de l’humusation montrent la complexité de cette cruelle réalité.

La question éthique et psychologique du devenir des morts réside dans la disparition définitive des corps, sans restes. Or, l’absence des corps risque de se traduire par une inflation de moyens pour les faire « réapparaître ».

Avec la reconstitution des voix et les hologrammes animés, l’absence du proche, condition sine qua non du deuil ne sera plus réalisée. Quelles seront alors les archéologies du futur sans accès aux restes matériels des morts ?

La mort a sculpté les paysages humanisés : pyramides, temples, arcs de triomphe, ou tout simplement grottes décorées ; la mort n’a été acceptée qu’à condition de laisser des traces pour marquer les décors naturels pérennes. La mort humaine a sculpté la planète. Les cimetières collectifs éduquent les citoyens, les mausolées privés forment les bases des civilisations. La culture peut-elle se maintenir sans la mort et les morts ?

Un débat confronte les convictions matérialistes aux attentes purement spirituelles. La décomposition du cadavre est une transition difficile, aussi le corps embaumé et le squelette sont préférés comme supports de la mémoire. Le choix du virtuel pourrait cependant s’imposer et donner lieu à de nouvelles formes du souvenir. La rationalité conduira- t-elle à l’abandon de nos restes mortels pour des substituts factices ? Les bipèdes nomades appelés sapiens vont-ils quitter leur planète munis d’une clé USB transportant leurs ancêtres ?

Ce colloque international est organisé par le Centre International des Études sur la Mort (CIEM) en partenariat avec SuLiSoM (Unité de Recherche 3071) et l’université de Strasbourg. Il a été co-financé par l’université de Coimbra au Portugal, l’université Paris 8 (LPPC), l’université Paris 7 (CRPMS), l’université Lyon 3 (CRDMS), l’université européenne EPICUR, L’IdEx Congrès et Symposiums et France 2030, le Cluster IA Grand Est ENACT, l’AAP RMSE, France 2030 et la Faculté de psychologie de Strasbourg

Vendredi 26 juin 2026

Palais Universitaire / Salle Louis Pasteur

9h-9h30

Accueil et bienvenue
Marie-Frédérique BACQUÉ, directrice du CIEM
Olivier PUTOIS, directeur du Laboratoire de Psychologie clinique SuLiSoM de Strasbourg.

9h30-11h

Table-Ronde : État des lieux

Co-animation : Marie-Frédérique BACQUÉ & Pedro URBANO

avec : Pascal HINTERMEYER (Professeur de sociologie, Strasbourg), Maude CROUZET (démographe, Strasbourg), Emmanuel HIRSCH (Professeur de philosophie et éthique médicale Paris), Damien CHARABIDZE (Professeur de biologie, entomologiste, Lille).

Posons le problème du devenir des morts. Trop nombreux pour la planète (enterrement), trop polluants (crémation), trop chers (cryogénisation), trop inquiétants (terramation, aquamation), les défunts qui augmentent avec la population planétaire ne peuvent plus être traités sur (et sous) Terre. Cette mise au point prospective permettra d’aborder l’augmentation des morts et la réduction de la place qui leur est accordée.

11h-11h30

Pause

11h30-12h40

Table-Ronde : Traitement des corps et traitement de la mémoire.

Co-animation : Marie-Frédérique BACQUÉ & Pedro URBANO

Avec : Abdel AOUACHERIA (Biologiste cellulaire et de l’évolution au CNRS, Montpellier), Nicolas DELESTRE (Thanatopracteur expert associé du laboratoire de l’école nationale supérieure de la Police, Lyon), Philippe CLAVERT, (Professeur de médecine, responsable du centre du don du corps à Strasbourg), Elisabeth CHARRIER (Fédération Nationale du Funéraire France), Charles GEORGET (Chirurgien-dentiste expert en odontologie médico-légale, Amboise, France).

La question éthique réside dans la disparition définitive des corps, sans restes. Hélas, l’absence des corps risque de donner lieu à une inflation de moyens pour les faire réapparaître. Avec la reconstitution des voix et les hologrammes animés, la condition sine qua non du deuil ne sera plus réalisée : l’absence irréversible du défunt. Cette exclusion fondamentale du corps mort n’est pas unique car certaines civilisations ne conservent pas les restes ou les confient à des animaux (funérailles « célestes »). En supprimant les morts définitivement, on supprime aussi la mémoire de nos ancêtres. De quelle façon cette perspective de l’absence de restes, certes habituellement cachés, pourrait-elle être accueillie par les endeuillés ? Quels seront les moyens de retrouver historiquement et judiciairement des indices sans support matériel ? Quelles seront les archéologies du futur sans accès aux restes des morts ? Le corps mort et ses symboles vont-ils rester le support du souvenir des morts ?

12h45

Vidéo

Présentation de la fête des morts au Mexique, dans les cimetières et lors d’un défilé à Mexico par Lassad ESSADI, vidéaste. Nicholas KAUFMANN, (Professeur. de psychologie à San Luis Potosi, Mexique) commente et évoque les funérailles au Mexique.

13h-14h30

Déjeuner

14h30-16h

Communications orales (sessions 1,2,3 et 4)

Les sessions de communication orale auront lieu au Pavillon Théodule Ribot à la faculté de psychologie (entrée par le jardin de la faculté).

N°1 : Les nouvelles temporalités du deuil.
Animée par Marie-Frédérique BACQUÉ

Le processus psychologique du deuil suit classiquement le temps de la décomposition du cadavre. Le processus social du deuil semble être clôturé dans de nombreuses sociétés par la date anniversaire de la mort. Si le cadavre disparaît plus vite, si les restes ne sont plus regroupés dans un espace public où se rencontrent les endeuillés, qu’advient-il du souvenir des morts ? Le temps du deuil sera-t-il bouleversé par l’abstraction croissante du corps des défunts ?

A-La mort prévisible d’un parent – défis et enjeux pour les adolescents qui la vivent.
Sabrina Anissa El MANSALI, doctorante en sciences de la santé et Pr. Diane GUAY (PhD), Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Canada.

B-Quand le temps se dérègle : neurophénoménologie du deuil.
Fernanda MOUCO, doctorante (DEC), CEIS20 Universidade de Coimbra, Portugal.

C-When uncertainty lasts for years: the Ukrainian experience of disappearance.
Tamara TOCHYTSKA, psychologist, Kiev, Ukraine.

D-Singularités subjectives et normativité du deuil.
Thierry Jandrok (PhD), Psychologue clinicien, psychanalyste. Établissement Public de Santé Alsace Nord, Brumath, France.

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N°2 : L’écologie de la mort : nouveaux traitements des corps, nouveaux restes.
Animée par Cynthia MAURO

Que fait-on des os qui restent après une terramation (humusation) ?  Aujourd’hui les cendres issues de la crémation sont transformées en diamant synthétique, en feu d’artifice.

Un cadre virtuel peut-il réellement prendre la place des « emboîtements » habituels : linceul, cercueil, tombeau/urne, cimetière ? Après la crémation qui a, dans les pays occidentaux catholiques, occasionné une véritable révolution, voici venu le temps des nouveaux traitements du corps des défunts, compostage ou humusation, dépôt dans un cimetière naturel. Ici, le devenir du corps suit un schéma biologique et économise des tonnes d’équivalents CO2. Si le réchauffement climatique impose de modifier le volume de 3 milliards d’individus potentiellement retrouvés dans le sol terrestre, quels moyens écologiques acceptables affectivement, moralement et socialement sont-ils possibles ?

A-Éthique et écologie des pratiques funéraires contemporaines.
Wadiaa ISHAK (PhD), Histoire du Droit et des Institutions, EPHE-PSL (École Pratique des Hautes Études-Université Paris Sciences et Lettres), Laboratoire LEM.

B-Quand le deuil crée le paysage : dialogues entre mémoire, ville et temps.
Carolina COELHO & Bruno GIL. Universidade de Coimbra, Centro de Estudos Interdisciplinares (CEIS20), Portugal.

C-De l’inhumation à l’humusation : le devenir-monde du corps au regard du conflit anthropo-cosmique.
Jade BOURDEAUX AJZENSZTARK, Doctorante à l’Université de Strasbourg, laboratoire de l’ACCRA (UR 3402), France.

D-Des jardins du souvenir à un site cinéraire dit « naturel ».
Jean-Christophe COLINET (PhD sociologie), germaniste, Strasbourg, France.

E-Humusation : quand le corps redevient source de vie !
Florence VALDÈS, présidente de Humusation-France

N°3 : Les artistes de la mort. Les pratiques artistiques de la mémoire. 1ère partie.
Co-animation Christina ALEXOPOULOS de GIRARD, Mireille GUITTONNEAU-BERTHOLET et Géraldine CANET

« Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le pour le posséder », écrit Goethe, repris par Freud. Les pratiques artistiques de la mort constituent autant une création autour de la perte et de la souffrance psychique liée à la confrontation de notre finitude commune qu’une tentative de dépassement de cet horizon. L’évocation de ce qui reste « vivant » après la mort du sujet permet la future appropriation psychique par ceux qui lui survivent. Le rapport qu’entretient la création artistique avec les manifestations psychiques et sociales de la pulsion de mort comme à la pulsion de vie qui lui est indissociable sera interrogé.

A-Esthétique de la latence et travail du deuil chez Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.
Elsa El HAYEK, Doctorante à l’Université de Strasbourg, France.

B-Au-delà du Game Over: Spiritfarer, un jeu vidéo pour penser la mort.
José MERHEB, psychologue clinicien, Strasbourg, France.

C-Andy Warhol, « the recording angel » ou la beauté étrange de la dévastation.
Silke SCHAUDER, Professeure de Psychologie Clinique et Psychopathologie, Université de Picardie Jules Verne, Laboratoire CRP-CPO UR 7273 Membre de la SFPE-AT, de Pandora et de RESILIO.

D-Trait d’union, dessin, défunts et survivances.
Luci GARCIA, PhD en Arts Plastiques et Sciences de l’Art, Université Paris 1, France.

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4/ Instaurer l’ancêtre : des soins palliatifs au rituel funéraire.
Animation Magali MOLINIÉ

De la fin de la vie à l’organisation des obsèques, nombreuses sont les occasions de malentendu, les empêchements de tous ordres, parmi lesquels distance géographique, dénuement financier, isolement social. Comment les soignants contournent-ils le tabou de la mort dans les soins palliatifs, comment les deuilleurs participent-ils aux obsèques, dans le respect du rite socialement prescrit, lorsqu’ils sont exilés ?

A-Impact des Croyances Spirituelles et du Tabou de la Mort sur l’Acceptation des Soins Palliatifs en RDC : Vers une Sémantique de la Bienveillance.
Epiphanie EWUSU BALENGU (MD), Médecin-chercheur et membre de l’association nationale congolaise des soins palliatifs (ANCSP), République Démocratique du Congo.

B-Mort et Cash : Quand l’argent dicte le rituel. Une lecture cinématographique du deuil à Porto-Novo.
Lionel M. Ulrich DOYIGBE. Réalisateur. Toulouse, France.

C-Le vécu du deuil entre Kinshasa et Montréal : entre ritualité traditionnelle et reconfigurations contemporaines dans l’acceptation de la perte.
Etienne YUMA (doctorant), Prof. Jean-Marc BARREAU, Université de Montréal, Canada, Isabelle AURAY, Université de Fribourg, Suisse.

16h-16h30

Pause

16h30-18h

Communications orales (Sessions n°5, 6 et 7)

Les sessions de communication orale auront lieu au Pavillon Théodule Ribot à la faculté de psychologie (entrée par le jardin de la faculté).

5 / Les artistes de la mort. Les pratiques artistiques de la mémoire. 2de partie.
Animation Christina ALEXOPOULOS de GIRARD, Mireille GUITTONNEAU BERTHOLET et Géraldine CANET

L’art revisite notre rapport au passé, autrement dit à une temporalité échue, aux lieux et aux êtres qui l’ont peuplée. Il permet l’émergence des formes de représentation, de narration et de mise en sens de la disparition de l’autre ou de la perspective de sa propre fin, toutes deux constitutives de notre condition humaine. Il participe ainsi à la remémoration de notre vécu, au travail sélectif de toute mise en récit et au repérage des points aveugles de notre narration, il questionne la présence du passé et de ses acteurs, toujours actuelle parmi nous, il permet de se projeter dans l’avenir tout en restant relié à son histoire et à ses déterminismes.

A-Créer : chercher ses morts pour se trouver ?
Mireille GUITTONNEAU-BERTHOLET, CRPMS, Université Paris-Cité, France.

B-Squelettes, crânes, et autres évocations du cadavre dans l’art contemporain : du devenir de la chair au XXe et XXIe siècle.
Marie HEYD. Université de Clermont Auvergne, Laboratoire COMSOCS, France.

C-Manifestations cliniques de la destructivité dans un atelier d’argile auprès de migrants primo-arrivants.
Christina ALEXOPOULOS de GIRARD (PhD-HDR), psychologue, France.

D-Les arts et la mort : un corps à corps !
Guillaume CENTULLE, historien, France.

6 / Les intelligences artificielles dans le deuil.
Co-animation Pedro URBANO et Nicolas NIEUVIARTS

La conception d’une reproduction de l’image animée des défunts connaît tous les jours des améliorations. Alors que les diaporamas ponctuaient les cérémonies funéraires, les animations de défunts fleurissent. Des soldats russes victimes de la guerre sont ainsi reconstitués en 3D. Parfois, les hologrammes des défunts s’approchent des endeuillés et produisent un état de choc émotionnel délétère. Faut-il laisser ces « re-créations » hanter les endeuillés ou réglementer ces animations virtuelles qui, avec les IA génératives, vont bientôt donner une vie nouvelle à des défunts instrumentalisés pour le meilleur (en l’absence de corps) et pour le pire (le défunt hante définitivement les endeuillés).

A-Dialoguer avec l’absence : usages cliniques et enjeux psychologiques des IA dans le travail de deuil.
Souha YAAKOUBI (PhD) Psychologue, Groupement Hospitalier Nord Essonne, France.

B-Le devenir des morts à l’ère des agents artificiels : survivance cognitive et illusion d’agent conversationnel.
Pedro URBANO Universidade de Coimbra, CEIS20, FPCEUC, Portugal.

C-Mises en scène de l’(im)matérialité d’un enfant qui n’a pas vécu sur Instagram.
Delphine MOREAU-PLACHY, Doctorante en Sociologie Université Jean Monnet – St Etienne, France. Centre Max Weber (UMR 5283) Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 IRMECCEN (EA 7546), France.

D-Présences numériques : quand les morts deviennent des interfaces.
Ian GONZALEZ ALANA, Enseignant, chercheur en Death Studies, membre du CIEM France.

7/ Brutalité du passage de la vie au trépas : accompagner ceux qui restent.
Animation Magali MOLINIÉ

Mort in utero, en réanimation, mort violente…, les circonstances brutales du décès ou l’invisibilité du défunt peuvent impacter terriblement les proches endeuillés. Quels dispositifs d’accompagnement peuvent-ils être mis en place ? Avec quels objectifs vis-à-vis des endeuillés et pour quel devenir du défunt ?

A-Perte d’un frère jumeau durant la vie intra-utérine : traces sensorielles et complexités d’un deuil impossible.
Géraldine CANET (PhD), psychanalyste, Strasbourg, France.

B-La mort en direct.
Jean-Cyril VAN HAMME, psychologue clinicien-Réanimations Chirurgicale et Médicale Pôle ARUBA – GHRMSA, Mulhouse, France.

C-La morgue judiciaire des Hôpitaux de Strasbourg : un nouvel espace liminaire ?
Genia GURINA, doctorante, Université de Strasbourg, France.

D-Deuil compliqué et foi religieuse
Chad CAPE (PhD), psychologue, Université de Strasbourg. France.

18h-19h

Théâtre

avec  des textes de Juliette KEMPF

Samedi 27 juin 2026

Palais Universitaire / Salle Louis Pasteur

9h30-11h

Table-Ronde : La mort dans la culture.

Co-animation : Magali MOLINIÉ & Christina ALEXOPOULOS de GIRARD

Cynthia MAURO (psychologue, Lille), Valérie ROBIN AZEVEDO (Prof. en anthropologie sociale à l’université Paris-Cité), Serena BINDI maîtresse de conférences en anthropologie à l’Université Paris-Cité et chercheuse associée au Centre d’Études Sud-Asiatiques et Himalayennes (CESAH, CNRS/EHESS) à Paris, Klaus BAUMANN (Prof. of Theology, Head of Caritas Science and Christian Social Welfare Freiburg Universität, EPICUR Dignity Project, Allemagne).

Le rapport à la mort et aux morts évolue sans cesse. Des hybridations dans les croyances et les pratiques se combinent ou s’affrontent, entre survivances et nouvelles propositions, frictions et syncrétisme. Quand elles se produisent, qu’entraînent les reconfigurations des dispositifs funéraires et des normes du deuil sur les modes d’existence des morts ? Sur leur présence ou leur effacement dans la culture, la géographie, l’architecture, leur conflictualité avec les vivants et les voies de leur apaisement ?

11h-11h30

Pause

11h30-13h

Table-Ronde : Le deuil d’un proche en l’absence de restes.

Co-animation : Magali MOLINIÉ & Christine FAWER CAPUTO

Avec Niels-Christian HVIDT (Prof. University of Southern Denmark, EPICUR Dignity Project), Pascaline THIOLLIERE (Université de Grenoble), Filippo FURRI (Institut Convergences Migrations, Paris), Larysa RYBYK (PhD), Head of the International association of psychologist for grief and bereavement, Kiev, Ukraine.

Nous sommes accoutumé.es à penser que les humains ont besoin des restes du défunt pour organiser les rites funéraires et élaborer leur deuil. Le choix de disperser les cendres d’un proche dans la nature après une crémation confronte à la disparition assumée de ses restes, contrairement aux contextes tragiques et possiblement traumatiques de certaines catastrophes naturelles, accidentelles, des guerres ou des attentats terroristes. Dans leurs différences, quelles conséquences cette disparition des restes a-t-elle sur les vécus intimes et collectifs du deuil ? Comment se reconfigurent alors les croyances et la spiritualité, la localisation des morts, comment s’inventent de nouvelles sacralités, des espaces et des pratiques mémorielles ?

13h-14h30

Déjeuner

14h30-16h

Communication orales (Sessions n°8,9,10 et 11)

Les sessions de communication orale auront lieu au Pavillon Théodule Ribot à la faculté de psychologie (entrée par le jardin de la faculté).

8/ Les deuils des animaux et des paysages.
Co-Animation par Nicolas NIEUVIARTS et Romain JALLET

La disparition de certaines espèces entraîne une artificialisation de leurs images. Est-ce tolérable et cela ne conduit-il pas à entériner la destruction de leur écosystème ? Doit-on faire le deuil des paysages modifiés par l’anthropisation ? La recréation des animaux disparus (dodo, auroch) pose des questions éthiques quant à la tolérance des activités destructrices volontaires et involontaires des humains. Faut-il interdire ces tentatives ?

A-La disparition des espèces : le cas de l’ours polaire.
Jean-Marc NEUMANN, juriste et membre du conseil d’administration de la Société française de zoosémiotique.

B-Dédales : retour sur une recherche-création au sujet du deuil par rapport au non-humain à l’ère de la convergence technologique.
Josianne BARRETTE-MORAN, doctorante en bioéthique à l’École de santé publique de Montréal et étudiante-artiste Immortalité artificielle : perspectives éthiques, juridiques et artistiques, Canada.

C-Refoulement culturel et cadavres invisibilisés.
Romain JALLET (PhD), France.

D-Le deuil animalier, une souffrance ignorée.
Jean-Marc NEUMANN juriste et membre du conseil d’administration de la Société française de zoosémiotique.

9/ Les nouvelles places et lieux des rituels.
Animation Magali MOLINIÉ

Pour la paix des vivants, faut-il fixer la place des morts ? Dans nos mondes contemporains, faits de bouleversements migratoires, d’éloignement familial, d’amenuisement des liens sociaux et communautaires, les rituels perdent-ils leurs formes, leur sens ? En trouvent-ils de nouveaux ? Quels acteurs, quels gestes, quels objets, autour du mort ou de ses valant-pour, donnent-ils consistance et signification à ces reconfigurations ? Pour quel devenir du défunt ?

A- Autorité religieuse féminine et reconfiguration des lieux du rituel mortuaire en contexte français.
Céliende LEBON, doctorante IMAF-EHESS, Paris, France.

B-Traitement des corps dans la société bamiléké de l’ouest Cameroun et transformations en contexte migratoire.
Véronique MATEMNAGO TONLE (PhD), Coordinatrice pédagogique service formation Fédération Européenne Vivre Son Deuil (FEVSD), France.

C-Impact Psychosocial des Conflits Armés sur la Fin de Vie et le Deuil au Nord-Kivu (RDC) : de la Rupture Rituelle à la Culpabilité Existentielle.
Epiphanie EWUSU BALENGU (MD), Association nationale congolaise des soins palliatifs (ANCSP), Rep.Dem.Congo.

10/ Les psychopathologies du deuil en l’absence de corps.
Co-animation Marie-Frédérique BACQUÉ et Pedro URBANO

Les catastrophes naturelles et humaines entraînent souvent la disparition des corps et des restes humains. Si l’absence du défunt est une des conditions du processus du deuil, la tolérance à cette absence est meilleure lorsqu’elle est progressive. Le modèle dual du deuil montre que les mouvements d’évitement et de confrontation rejoignent l’ambivalence consciente et inconsciente des endeuillés. La substitution métaphorique d’objets donne lieu aujourd’hui à des abstractions dont les caractères mental et psychique autant que technologique peuvent être questionnés. Un bilan informel des psychopathologies du deuil en l’absence de restes sera dressé, une prospective de leurs conséquences sera ébauchée.

A-Tombeau sans corps et sans récit : clinique des morts impossibles en héritage.
Safia METIDJI, (PhD psychopathologie et psychanalyse), psychologue clinicienne, chargée de cours – Université Paris Cité, Chercheure associée, CRPMS, France.

B-Antigone ou la nécessité psychique et sociale d’une sépulture.
Christina ALEXOPOULOS DE GIRARD (PhD, HDR, CIEM), France.

C-Deuil en contexte pandémique au Mexique : absence du corps, rupture rituelle et vulnérabilité institutionnelle.
Prof. Nicholas T. KAUFMANN, Universidad Autónoma de San Luis Potosí (UASLP), Mexique.

D-Le devenir des morts sans dépouille.
Prof. Pedro URBANO, Universidade de Coimbra, CEIS20, FPCEUC, Portugal.

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11/ Limites éthiques et juridiques dans le champ funéraires.
Co-animation Guillaume ROUSSET et Françoise ASSUS-JUTNER

Face aux nouvelles représentations de la perte affective et technologies pour y pallier, n’est-il pas urgent de réfléchir aux questions éthiques et aux limites juridiques des conditions du mourir et du deuil ?

A-Les enjeux juridiques de la légalisation du compostage humain au Québec : dilemme éthique entre protection de la santé des vivants et promotion des dernières volontés des morts.
Cédrole NIANGOU, Doctorant en droit, Anne-Marie SAVARD, Professeure titulaire et titulaire de la Chaire Antoine Turmel sur la protection juridique des aînés, Faculté de droit, Université Laval, Québec, Canada

B-Vivre le deuil parental en ligne : liens, reconnaissance et risques.
Fernanda MOUCO. Doctorante, Universidade de Coimbra, Portugal.

C-Quel cadre juridique face au recours à l’IA en matière funéraire ?
Prof. Guillaume ROUSSET, Droit privé et sciences criminelles, Université Jean Moulin Lyon 3 (CRDMS/IFROSS), France.

16h-17h

Conclusion du colloque

Amphithéâtre Viaud à la faculté de psychologie (entrée par le jardin ou par le 12, rue Goethe)

Ce colloque international est organisé par le Centre International des Études sur la Mort (CIEM) en partenariat avec SuLiSoM (Unité de Recherche 3071) et l’université de Strasbourg. Il a été co-financé par l’université de Coimbra au Portugal, l’université Paris 8 (LPPC), l’université Paris 7 (CRPMS), l’université Lyon 3 (CRDMS), l’université européenne EPICUR, L’IdEx Congrès et Symposiums et France 2030, le Cluster IA Grand Est ENACT, l’AAP RMSE, France 2030 et la Faculté de psychologie de Strasbourg

Comité scientifique et d’organisation :

Ciem : Marie-Frédérique Bacqué, Christina Alexopoulos,Magali Molinié, Nicolas Nieuviarts, Guillaume Rousset et Pedro Urbano
SuLiSoM : Olivier Putois, toute l’équipe de SuLiSoM et Sandrine Amé.

Infos pratiques :

Tarifs d’inscription en présentiel & Visioconférence
(à préciser dans votre demande).

Plein tarif : 300 € pour les deux jours. / 150€ pour un jour.

Étudiant.es hors Unistra, demandeurs d’emploi : 30€
Étudiant.es de l’université de Strasbourg : Gratuit
Membres du CIEM : 30 €

Lieu :

Palais universitaire (salle Louis Pasteur), Faculté de psychologie, Pavillon Théodule Ribaud  (12 rue Goethe, 67000 Strasbourg)

Toute question à adresser à Sandrine Amé same@nullunistra.fr et à Marie Frédérique Bacqué bacque@nullunistra.fr

SULISOM, UR 3071, 12 rue Goethe, 67000 Strasbourg
Arrêt du Bus n°10 (Brant Université) et Tram C (arrêts Gallia ou Université) en ligne directe depuis la Gare centrale de Strasbourg.

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